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Histoire du Damier Lyonnais

L’année 2001 étant l’année de commémorations liées au centième anniversaire de la Loi 1901 selon laquelle fonctionnent la majorité de nos cercles, voici l’histoire du Damier Lyonnais qui a été créé il y a 100 ans (le 30 mai 1901 exactement).

L’histoire de ce cercle dépasse ce cadre centenaire puisqu’un document ancien cite les noms des damistes lyonnais en 1847 dans “ Le traité du maître parisien Grégoire ”. Dans l’Encyclopédie de Poirson-Prugneaux (Paris 1855) sont cités les problèmes lyonnais. Dans un rapport de F.J. Bolzé on peut lire : "Le Damier Lyonnais portait avant sa constitution légale le nom de réunion des Damistes du Rhône depuis le 1er juiller 1895 et fut présidé par Ernest Valette. Déjà avant cette date (dès 1880) les amateurs de jeu se réunissaient à la Brasserie Charroin, (plus tard Grande Brasserie de la Guillotière, Place du Pont, aujourd'hui disparu), au café du XXe siècle (rue de la République, également disparu), au Café de la Gaule, rue Puits-Gaillot, etc." Le “ Progrès illustré ”, supplément du journal lyonnais “ Le Progrès ” publiait des problèmes de dames déjà à cette époque sous la rubrique “ Récréations et jeux d’esprit ”. Sous le patronage du journal étaient organisés les grands concours régionaux annuels du Rhône à partir de 1892. Les concours en question attiraient les foules (centaine de concurrents) Voici un article fort intéressant intitulé : "Les jeu de Dames et les Damophiles", extrait du Progrès illustré datant du 13 novembre 1898.

Le Damier Lyonnais continuera dans cette voie dès 1901. A l’époque, la suprématie lyonnaise se renforce avec la création du damier fondé sous le patronage des journaux cités. C’est le capitaine en retraite, auteur de l'ouvrage "Trois Dames contre Une" (édité en 1901) Félix-Jules Bolzé qui est à l’origine de la création de la Société récréative dite "Le Damier Lyonnais s'occupant de la propagation du jeu de dames sous le patronage du  journal Le Progrès&Progrès Illustré". La société fut déclarée à la Préfecture du Rhône le 7 juin 1901 conformément à la loi du 10 avril 1834 et de l'article 291 du Code Pénal. Le siège du damier fut fixé à la Brasserie Raspail, 2, cours Gambetta qui devint par la suite le réputé restaurant Garbit (aujourd’hui disparu). Les fondateurs furent au nombre de 28 : MM. Jean-Marie Bachelut, Félix-Jules Bolzé, Louis Bricout (du Progrès), Léon Brielley, Charles Cartelier, Hippolyte Dentroux, François-Jean Desvignes, Adolphe Duchemin, François Farges, Jean Fourny (de Vienne), Claudius Gagnieux, Pierre Garbit, Philippe Gaudot (père), Joseph Martin, François Martinetti, Charles Mazzone, Joseph Merlin, Antoine Pernet (Vienne), Antony Reynaud, Marius Richard, Marius Sestier, Antoine Thouilleux, Léon Trésal, Pierre-Louis Vernu, Jean Vignon, Antoine Viret, Joseph et Joanny Voyant (Père et Fils). Le but de l’association était Art. 2 “de réunir et de grouper tous les amateurs du Jeu de Dames de la région lyonnaise et de propager ce jeu par des concours, matchs et réunions périodiques”. La cotisation annuelle s‘élevait à 6 Francs.

Son premier bureau fut constitué comme suit : MM. Bolzé, président, Voyant, vice-président, M. Richard, secrétaire, Vernu, trésorier, Dentroux, Gagnieux, et Viret, commissaires.

Le Damier fut ensuite déclaré dans les formes prévues par la loi du 1er juillet 1901 et le décret du 1er septembre 1901, le 9 septembre exactement à la diligence avisée du Président Bolzé.

L’insigne du damier était alors un médaillon de boutonnière de forme ronde portant : «de gueules au lion d’or tenant de sa dextre un damier de sable et d’argent soutenu par un ruban d’or».

Plus tard le siège du damier fut transféré à la Grande Brasserie de la Guillotière, place du Pont (place Gabriel Péri actuel), l’emplacement de Prisunic lui-même disparu il y a quelques temps, puis à la grande Taverne Rameau, en 1952, au café de la Manille, tenu par Gelay et Vacher, 33, rue Tupin. Les rencontres avaient lieu samedi et dimanche après-midi. A cette époque un bulletin d’une vingtaine de pages paraissait régulièrement avec le comité de rédaction composé de MM. Bonnard, Lignoz, Mariaud, Antoine Mélinon et Marcel Rausch. Tous les membres du club y collaboraient.

La couverture du Bulletin du Damier Lyonnais n°4, Jan-Fev 1952

Le président de la première association lyonnaise au jeu de dames M. Bolzé fonda également en 1909, la première Fédération des Damistes français. A cette époque l’étoile montante du Damier Lyonnais Marcel Bonnard est déjà champion de Lyon, ayant gagné en 1907 le tournoi devant Dentroux, Thibault, Le Goff. Il le sera par la suite en 1910, 1912, 1913, 1921, 1924, 1927, 1929, 1935, pendant dix années consécutives de 1948 à 1957. En 1907 Marcel Bonnard a 19 ans et semble aux yeux de ses pairs avoir des dispositions exceptionnelles pour ce jeu. Cependant M.Bonnard fait connaissance en juin 1907 d'Alfred Molimard et l’initie aux dames avec une application particulière puisque cet étudiant en médecine de deux ans et demi moins âgé que lui, montre, lui aussi, des capacités extraordinaires. En 1909 remplaçant Bonnard, Molimard se classe deuxième au tournoi international de maîtres de Paris.

Dessin tiré du livret de Georges Ballédent "La tribune des Damistes" Concours humoristique, 1900, p.20

En octobre-novembre 1910 est organisé à Lyon le Concours François Arnoux comptant pour le championnat de France. Molimard emporte devant Weiss et Sonier. M. Bonnard est quatrième devançant quelques grands joueurs : Raphaël, Fabre, Ottina. Le titre de Molimard lui sera enlevé tout de suite après le tournoi par Weiss qui lui lance un défi mais Molimard le reconquiert en 1912 de manière convaincante.

Après la disparition en mai 1913 de Félix-Jules Bolzé, fervent défenseur du soufflage, lors de l'Assemblée Générale du 17 janvier 1914 le Damier Lyonnais présidée par Joanny Gaillard vote sa suppression dans tous les concours (voir à ce propos la chronique n°4 du 24 janvier 1914 dans le "Réveil de Lyon").

Pendant la guerre 1914-18 le Damier Lyonnais perd quelques brillants éléments comme par exemple le champion viennois Antoine Pernet, brillant problémiste et solutionniste à vue, mort pour la France le 25 octobre 1917 au Moulin de Laffaux (Aisne) à l'âge de 35 ans. Mais entre les deux guerres de nouvelles étoiles se lèveront au Damier Lyonnais grâce aux actions didactiques du maître Marcel Bonnard comme

Abel Verse, venu du damier viennois, champion de Lyon en 1934, 36, 37 et 39 puis champion de France en 1939 à Paris.

King Litchoan, jeune étudiant en médecine, venu en 1925 de Chine. En 1931 il est 4e ex aequo avec Maurice Rajchenbach au championnat de monde. Il sera champion de France en 1953 et 1954.

King (à gauche) en partie contre Bonnard, Championnat de France, Bordeaux 1951

Adrien Champin, second au championnat de France, gagné en 1938 par Herman de Jongh et devant le futur grand-maître Pierre Ghestem. A.Champin a été tué au début de la deuxième guerre.

Dr Molimard bien que retiré à Ambert (Puy de Dôme) fait toujours partie du Damier Lyonnais jusqu’à la guerre. En 1928 il devient Vice-champion du monde se plaçant 2ème derrière Springer au tournoi international d’Amsterdam. Il abandonne ensuite la participation en encourageant les jeunes maîtres et meurt subitement en janvier 1943 laissant un souvenir d’un joueur prestigieux qui a honoré le Damier Lyonnais.

7 février 1926 à Lyon, Marcel Bonnard donna suite à la réunion qui assembla 200 personnes, une simultanée qui dura 3 heures et se termina par 12 parties gagnées, 6 nulles et 2 perdues (contre A.Verse du Damier viennois et Francis Clerc du D.L., l'équipe de Vienne enregistra en plus deux nulles- MM.Fourny et Bonhomme) Cette réunion est relatée dans le numéro 61-62 de la revue de Bonnard, page 815

Durant la période d’entre les deux guerres, de 1929 à 1939, le Damier Lyonnais avait reçu, d’autre part, d’importantes adhésions : celle du maître hollandais Bénédictus Springer cité ci-dessus, le premier “joueur sans voir”, venu en 1927 de Marseille à Lyon où il séjourna jusqu’en 1932 et qui fut champion du monde en 1928 gagnant tournoi international d’Amsterdam ; puis celle de René Fankhauser en 1929, champion de Lyon en 1944 et 45, champion de France en 1945 à Paris.

En 1940 c'est Pierre Blum qui se retrouve à Lyon un peu par hasard et y restera jusqu'à 1947 en devenant champion du club et champion de France en 1946.

Après guerre le Damier Lyonnais reprendra l’activité en 1944, son activité se manifestant par d’innombrables rencontres franco-suisses, tant à Genève qu’à Lyon, dans le challenge du Damier de Genève. Il sera renforcé par la présence de deux frères Mélinon (Antoine, j’ai retracé sa brillante carrière dans le bulletin n°44 et André), deux excellents joueurs qui prennent vite place parmi les meilleurs joueurs français.

A partir de 1948, Marcel Bonnard, qui n’avait pas perdu son titre que dans des barrages certaines des années précédentes, le reprendra pour 10 ans de 1948 à 1957 durant laquelle il sera également champion départemental et régional. Il s’adjuge aussi le titre de champion de France dans les tournois organisés à Lyon en 1948 et à Bordeaux en 1951(1er ex aequo en 1952 et en 1954). Il se classe 5ème au championnat du monde en 1952 (derrière Roozenburg, le canadien Dagenais, Keller, et Van Dijk). Il fait paraître une revue damiste entre 1920 et 1931 intitulée “ Le Jeu de Dames ”. Albert Lecocq reprit la publication jusqu‘en 1939.  Il a collaboré aussi à la rédaction de la revue fédérale “ L’Effort ”. Il passa beaucoup de son temps à former les nouveaux adeptes et le système Bonnard est régulièrement pratiqué par des grands maîtres internationaux jusqu’à nos jours.

En 1962 le champion d'Algérie et d'Afrique du Nord Georges Post rejoignit le Damier Lyonnais.

Oswald Béchaz, champion de Lyon

Nous pourrions continuer en citant une pléiade de joueurs qui se sont distingués au Damier Lyonnais comme Oswald Béchaz, Roger Pochettino (dès les années cinquante Charles Pochettino était président d’honneur du Damier Lyonnais, puis c'est son fils Roger, qui est notre président d'honneur actuel), chroniqueur du journal « Le Progrès » M.Rausch, A.Mahuet, J.P.Rabatel, J.P. Dubois.

Depuis que le Damier Lyonnais a déménagé à Villeurbanne (1986) sa brillante histoire semblait s'arrêter. Mais l’infatigable David Aknin voulait encore y croire, le Damier Lyonnais recréé en 1987 continuait à exister grâce à son dévouement.

Afin de maintenir le nom illustre, de faire renaître un véritable club, y attirer de bons joueurs et de nouveaux adeptes et d’offrir ainsi aux joueurs de la région lyonnaise une alternative digne de ce nom le nouveau Damier Lyonnais renforce son activité à partir de septembre 2002 avec une nouvelle équipe. Son siège officiel se trouve actuellement au 25, rue du Dauphiné, Lyon 3.

Les rendez-vous y ont lieu tous les samedis après-midi.

L’histoire du Damier Lyonnais ne s’arrête-t-elle donc pas là ? Nous essayons d’écrire de nouvelles pages de ce cercle dans le prolongement de l’histoire prestigieuse évoquée ci-dessus.

Richard Przewozniak

Vice-Président du Damier Lyonnais

 

Rédigé en juillet 2002 à partir de l'article de Marcel Bonnard "Le Jeu de Dames à Lyon" édité à l'occasion du championnat de France 1958 et joint au programme de la compétition (mise à jour décembre 2004)

 

Consultez le palmarès des champions lyonnais dès 1900 !

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Tableau des résultats du match franco-suisse du 17 et 18 décembre 1932 à Lyon. L'équipe suisse (Génève) était composée de : Olivier, Poiroux, Gédance, Pouzet, Ferrazzino et Rivaud. L'équpe française fut formée par Revertégat, Bayès, Boselli (Marseille) et Bonnard, Verse, Champin, Pezant et Strauss (Lyon)/ Archives du Damier Lyonnais

 

 

 

 

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Dernière modification : 18/06/2016